Alexandre Schlöder
Collège du Sud

Travail de maturité

Mars 2017

Étude du sonneur à ventre jaune dans la vallée du Bas-Intyamon

4.1  Discussion des différents biotopes

 

 

Chaque zone a été étudiée au niveau de son biotope et de son potentiel à accueillir les sonneurs. Les gravières sont souvent les sites préférés des sonneurs grâce à leur bon ensoleillement, à la faible quantité de végétaux et à la présence de plusieurs gouilles.

Sur le site 1 aucun sonneur n’a été observé mais l’endroit a le potentiel pour accueillir des sonneurs parce qu’il y a certaines zones, le long du ruisseau, où l’eau reste stagnante. Un des problèmes est que le ruisseau traverse la forêt en son milieu et que l’eau circulant en permanence empêche les zones calmes de suffisamment se  réchauffer pour faire office d’habitat au sonneur. L’autre problème est qu’il y a beaucoup trop de végétation tout le long du cours d’eau et cela ne leur convient pas.

Le site 2 a été le plus important en termes de nombre d’individus. Les deux gouilles qui le forment convenaient très bien au batracien c’est pourquoi, tout au long de mes visites, j’ai pu observer les différents stades de développement du sonneur. Situés dans une gravière, les deux points d’eau ont une exposition optimale au soleil et une présence de végétaux très faible. Les pierres qui entourent les gouilles restituent leur chaleur pendant la nuit ce qui permet à l’eau de toujours rester chaude, situation idéale pour notre amphibien. Le peu d’herbe poussant dans l’eau permet d’avoir des endroits propices pour la ponte de petites grappes d’œufs ce qui a été confirmé par la présence de nombreux jeunes.

Le site 4 aurait pu être une zone à sonneur mais la forte activité humaine de la gravière perturbe beaucoup le biotope. Les précipitations forment des gouilles vivables mais elles sont rapidement déplacées ou détruites et ne permettent ni la ponte ni le développement des têtards.

Sur le site 5, un autre problème est survenu. Egalement situé dans une gravière, le trou servait de bassin de nettoyage pour les outils et les machines. L’eau froide qui y était régulièrement déversée n’est pas bien pour le sonneur. Probablement moins, voir non utilisé au mois de mai, l’eau de ce dernier a pu suffisamment se réchauffer pour que le sonneur vienne y pondre. Cela expliquerait l’observation de têtards le 27 mai. Dès la reprise de l’activité humaine, les têtards ont dû succomber au froid.

Pour le site 6, un des favoris au départ, la présence des prédateurs aquatiques a posé beaucoup de problèmes. Comme déjà dit précédemment, des poissons rouges ainsi que des vairons ont proliféré dans les deux étangs. Le seul moyen pour que le sonneur soit présent aurait été que l’eau déborde sur les berges et redescende pour laisser place à de multiples gouilles très ensoleillées et sans végétation. Sauf que cette année, nous avons eu droit à des périodes soit très chaudes soit très humides. Avec ces conditions, les gouilles sur les berges ne se sont formées que brièvement en début de saison. Le reste du temps, toute la zone était inondée et donc le sonneur ne pouvait pas venir y pondre.

Le site 7 a servi d’habitat à un bon nombre de sonneurs malgré une occupation partielle des étangs. La première gouille était beaucoup trop profonde et par conséquent, le volume d’eau à chauffer était trop important. Ils étaient par contre présents dans le côté le moins profond de la deuxième gouille. Tant qu’il y avait suffisamment d’eau claire au-dessus de la boue, les sonneurs s’y plaisaient bien. Sauf que cette année, avec le temps sec et chaud, la partie occupée s’est asséchée pour laisser place à un plateau de boue inhabitable. Pour cette raison, la dernière observation sur ce site a été faite le 2 août.

La zone 8, qui faisait partie des sites favoris, m’a beaucoup déçu. Un seul sonneur a pu être observé dans ces eaux et il était surement de passage vers un habitat d’hivernation. Le problème ? Le manque d’entretien du site. Crée en 2011, il n’a jamais été réaménagé entre temps. La végétation a pris une grande partie de la place à disposition même dans les gouilles où certaines fois les herbes ont tout envahi. Ensuite, la zone est tellement bien exposée au soleil que l’eau ne stagne que très peu de temps. Une autre cause de cet assèchement précoce est que les trous ne sont plus assez profonds pour contenir suffisamment d’eau. Cette zone semble être plus utile aux nombreux oiseaux qu’aux amphibiens.

Le site 10 est une zone qui n’est plus recouverte par la Sarine lors de ses crues et donc il n’y a plus aucune formation de gouilles pour héberger le sonneur.

Les sites 11 et 12 qui vont de paires sont dans la même situation que le site 10. La Sarine n’inonde plus les berges des deux bras de rivières ce qui empêche la formation de gouilles.

Le site 13 ressemble en partie au site 1. Le ruisseau qui traverse la zone alluviale à un trop fort courant et l’eau n’a pas beaucoup de possibilité pour se réchauffer.

Aucune nouvelle zone habitée n’a été découverte, mais mes sorties m’ont permis de me rendre compte que certains sites ont besoin d’être réaménagé pour optimiser les chances que le sonneur s’y installe.

4.2  Discussion sur les différents réaménagements


Certaines zones n’étant plus adéquates pour le sonneur, des projets de réaménagement se sont mis en place. Pour le site 6, le canton a élaboré un gros projet relativement coûteux qui a été réalisé cet automne. Il consistait à revitaliser tout le biotope des Auges qui s’est peu à peu laissé envahir par les saules et par les poissons non indigènes dans les étangs. La zone a d’abord été défrichée et une pêche électrique a permis de retirer tous les poissons (ou presque) avant de combler les deux grands trous. Après cela, les trax ont creusé une dizaine de mares peu profondes afin d’avoir des sites de pontes idéaux pour le sonneur. Mais, « malgré les explications sur le terrain et le suivi sur place par un bureau, l'entreprise en charge n'avait pas complètement comblé le deuxième étang. Aussi, actuellement avec la nappe phréatique très haute, on n’a pas plusieurs petits étangs, mais un très grand ! » explique M. Aebischer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De plus, tous les poissons n’ont pas pu être enlevés des étangs et risquent d’envahir à nouveau chaque gouille devenant ainsi invivable pour le sonneur. On espère maintenant que des petites herbacées tapissent ce sol nu et non des plantes envahissantes comme les solidages. Un terre-plein a été façonné afin de délimiter la zone. Sur son sommet, une haie formant un biotope très prisé par les oiseaux et les amphibiens y a été plantée. Derrière ce dernier, un nouvel étang a été créé sur la plaine permettant de relier la forêt, la haie et les multiples gouilles. Les coûts totaux pour cette revitalisation s’élèvent à 30'000 francs ce qui est beaucoup pour un réaménagement, mais qui était bien nécessaire.

Suite à des discussions avec des personnes responsables de la sauvegarde du sonneur, il en résulte que d’autres projets d’aménagement se sont décidés pour les zones à bon potentiel :

  • La commune de Grandvillard s’est occupée de réaménager toute la zone 8. Elle a enlevé le surplus de végétation et a recreusé les gouilles afin de proposer une zone d’habitat idéale pour le sonneur.

  • Le bassin de décantation (site 7) est en train de subir un réaménagement. Le trou le plus profond a été en partie comblé pour laisser place à un marais peu profond. Dans les deux autres trous, une partie de la boue a été enlevée ou reste encore à être enlever.

  • Un projet est aussi prévu dans la gravière d’Enney (site 2). Les gouilles protégées sont actuellement en pleine gravière et elles demandent beaucoup d’attention de la part des travailleurs. C’est pourquoi la décision de les déplacer au bord de la Sarine pour recréer une zone alluviale artificielle a été prise.

  • De petites zones d’eau stagnante veulent être creusées le long du ruisseau de la zone 1 pour éviter d’avoir partout de l’eau courante qui reste froide.

Je suis allé constater personnellement tous ces réaménagements lors d’une dernière sortie le 16 mars 2017. A ce moment-là, la zone 6 ne formait qu’une seule grande gouille à la place d’en former plusieurs petites et avec ça, les quelques poissons restant peuvent se déplacer partout. A cause de la fonte des neiges, la nappe phréatique est très haute et l’eau du site 6 n’arrive plus à s’écouler. Ce qui veut dire que tous les travaux effectués cet automne sur le biotope des Auges n’auront presque servi à rien! L’étang aménagé sur la plaine est déjà occupé par les œufs de grenouilles rousses. Ensuite, au site 7, les eaux moins profondes et très exposées au soleil abritent déjà une grande population de grenouilles rousses et de crapauds communs. Les deux espèces sont en pleine période de reproduction et les œufs de grenouille rousse se comptent déjà par milliers. La zone est donc très appréciée et espérons que le sonneur s’y installe aussi. Pour le site 8, il n’y a presque plus de végétation mais les gouilles sont asséchées ! Des travaux supplémentaires seront effectués pour installer des sacs plastiques sous les trous pour que l’eau reste le plus longtemps possible.

5. Conclusion

Les résultats obtenus lors de cette étude sont très positifs pour la région du Bas-Intyamon. Voici un bilan de toutes mes visites et observations :

Tu peux cliquer sur l'image pour zoomer 

Le Bureau du Service des forêts et de la faune a été très content d’apprendre que cette région est occupée par une grande population de sonneurs. Le parc naturel régional Gruyère Pays-d’Enhaut a lui aussi porté toute son attention sur ces différents sites. Ce suivi a justement permis la réalisation des différents réaménagements et autres projets de sauvegarde du sonneur.

La protection d’une espèce menacée est un exercice difficile parce qu’elle dépend de nombreux facteurs. J’ai pu constater que le choix des emplacements est primordial tout autant que leur entretien à long terme. Les sonneurs auraient besoin de plus de zones alluviales naturelles et malgré les réaménagements effectués en différents endroits, rien ne garantit qu’ils coloniseront ces sites. On a vu que, à cause de la canalisation de la Sarine, beaucoup de ces zones alluviales n’en sont plus. Cette perte de biotope, très important pour les amphibiens en tout genre, doit être remplacée à chaque fois par des zones artificielles gérées par l’homme et non par la nature. L’idéal serait de favoriser un maximum une dynamique naturelle afin de permettre une libre évolution de chaque espèce présente dans un habitat et ainsi assurer une plus grande biodiversité.

Ce travail a vraiment été une très bonne expérience personnelle et cette période de recherche a été très intéressante et instructive. Il m’a montré la complexité du suivi d’une espèce précise d’amphibien. Les sorties sur le terrain ont été un vrai plaisir pour moi et l’importance de mon travail pour le canton m’a motivé à réaliser la meilleure recherche possible. La collaboration et les discussions avec M. Aebischer m’ont été d’une grande aide dans la réalisation de mon travail.

Maintenant que des réaménagements ont été faits ou doivent encore l’être, le suivi de ces sites devra se poursuivre régulièrement afin de confirmer ou non l’installation du sonneur.  Je suis assez confiant et je pense que le sonneur trouvera toujours une place où aller dans cette région et qu’il se développera suffisamment pour éviter toute disparition. Je vais continuer à faire des sorties sur ces sites par curiosité et par passion pour ce petit crapaud en espérant le croiser encore longtemps.

6. Glossaire

  • Amplexus lombaire : position de reproduction où le mâle tient la femelle par les hanches.

  • Barrière à amphibiens : protection disposée le long des routes, qui est composée d’une bordure en plastique et de trous dans le sol distants de quelques mètres, dans lesquels sont posés des seaux afin de récupérer les batraciens, de les compter, de les classer et de les libérer de l’autre côté de la route.

  • Bassin de décantation : bassin dans lequel les matières en suspension, dont le poids spécifique est différent de celui de l'eau, sont séparées du liquide par sédimentation.

  • Bureau du Service des forêts et de la faune : bureau qui gère les activités qui touchent au domaine des forêts et de la faune.

  • Catalepsie : la catalepsie désigne la suspension complète et volontaire du mouvement des muscles provoquant un état figé.

  • Drainer : assécher, enlever l'excès d'eau d'un sol.

  • Programme forestier suisse : programme définissant toutes les mesures à prendre pour la sauvegarde des forêts suisses ainsi que les objectifs à atteindre pour la protection de certains secteurs forestiers.

  • Solidages : plantes herbacées envahissantes introduites en Europe depuis environ 250 ans et appartenant à la famille des astéracées.

  • Terre-plein : surface plane et unie d'un amas de terre élevé.

  • Zone alluviale : zone avec la présence d’un ruisseau ou d’une rivière et qui se fait régulièrement inonder laissant place à une zone très humide voir marécageuse.

  • Zone de compensation : zone qui compense les effets néfastes pour l'environnement, d'un aménagement ou de la réalisation d'un projet urbain ou industriel.

7. Bibliographie

Livres

 

1. SANTIANI, Marc. Amphibiens et reptiles, Paris : Artémis, 2002, 48-49 p.

2. MEYER, Andreas ; ZUMBACH, Silvia ; SCHMIDT, Benedikt ; MONNEY, Jean-Claude. Les amphibiens et reptiles de Suisse. Trad. de l’allemand par FALLOT, Philippe. Allemagne : Haupt Verlag, 2009, 131-135 p.

Article

3. DUTOIT, Christophe. «Un paradis pour que s’y baigne le sonneur à ventre jaune ». In La Gruyère, n°152, 31decembre 2016, p. 3.

Documents web

4. BARANDUN, Jonas. Centre de Coordination pour la Protection des Amphibiens et des Reptiles de Suisse. «Le sonneur à ventre jaune». Trad. de l’allemand par STEINER, Nathalie ; DUNANT, Isabelle. 2005. Consulté le 6 août 2016.   ˂http://www.karch.ch/files/live/sites/karch/files/Doc_a_telecharger/merkblatterFR/Sonneur_ventre_jaune.pdf˃

5. CENTRE DE COORDINATION POUR LA PROTECTION DES AMPHIBIENS ET DES REPTILES DE SUISSE ; INFO FAUNA. «Chytridiomycose : Une redoutable mycose touchant les amphibiens», 2016. Consulté le 6 août

2016.  ˂http://www.karch.ch/karch/home/amphibien/chytridiomykose.html˃

6. CENTRE DE COORDINATION POUR LA PROTECTION DES AMPHIBIENS ET DES REPTILES DE SUISSE ; INFO FAUNA. «Sonneur à ventre jaune », 2016. Consulté le 6 août.

˂http://www.karch.ch/karch/home/amphibien/amphibienarten-der-schweiz/gelbbauchunke.html˃

7. BONNET, Claire-Lyse. «GRUYÈRE Sonneur à ventre jaune : Faux crapaud l’œil en cœur», 4 juillet 2006. Consulté le 27 août 2016. ˂http://www.lagrue.ch/archives/2006/06.07.04/gruyere2.htm˃

8. FANFAN. Nature et décoration. «Le sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)», 2012. Consulté le 12 août 2016. ˂http://nature-et-decoration.wifeo.com/le-sonneur-a-ventre-jaune.php˃

9. L'ENCYCLOPÉDIE DES ANOURES. «Sonneur à Ventre Jaune - Bombina Variegata», Consulté le 14 août 2016. ˂http://www.grenouilles.free.fr/especes/sonneur_ventre_jaune.php˃

10. MELIN, Marie. Société nationale de protection de la nature (SNPN). «Le sonneur à ventre jaune. Un amphibien en déclin», 2013. Consulté le 18 août 2016.  ˂snpn.com/IMG/pdf/CN_279_Sonneur_ventre_jaune_SNPN.pdf˃ 

11. MERMOD, Murielle ; ZUMBACH, Silvia ; BORGULA, Adrian ; KRUMMENACHER, Esther ; LUSCHER, Beatrice ; PELLET, Jérôme ; SCHMIDT, Benedikt. Centre de coordination pour la protection des amphibiens et des reptiles de Suisse. «Notice pratique pour la conservation du sonneur à ventre jaune, Bombina variegata». Trad. de l’allemand par PELLET, Jérôme. 2010. Consulté le 6 août 2016.

˂http://www.karch.ch/files/live/sites/karch/files/Doc_a_telecharger/Praxismerkblaetter/Notice_pratique_Sonneur_a_ventre_jaune.pdf

12. PARC NATUREL REGIONAL NORMANDIE-MAINE ; CONSERVATOIRE D’ESPECES NATURELS SARTHE. «Découvrir  le Sonneur à ventre jaune en Pays de la Loire », 2014. Consulté le 18 août 2016.

˂http://www.cenpaysdelaloire.fr/sites/default/files/fichiers/pra_pdl_sonneur_a_ventre_jaune.pdf

13. COMMUNE DE BAS-INTYAMON ; Les chroniques de Bas-Intyamon. «Les Auges, Villars-sous-Mont ». n°86, octobre 2016. Consulté le 4 janvier 2017. 6-7 p.

˂http://www.bas-intyamon.ch/files/BXMediaPlusDocument1838file.pdf

14. JODRA, Serge. Imago Mundi, Encyclopédie gratuite en ligne. «Les Batraciens

(ou Amphibiens)», 2004-2008. Consulté le 4 janvier 2017.

˂http://www.cosmovisions.com/batraciens.htm˃

15. CHEMIN, Stéphane ; ECOTER. Ministère de l’Ecologie, du développement Durable, des Transports et du Logement. «Plan national d’actions en faveur du sonneur à ventre jaune Bombina variegata 2011-2015», 2011. Consulté le 22 décembre 2016.

˂lashf.org/wp-content/uploads/2016/04/pna_sonneur_ventre_jaune_2011_-_2015.pdf˃

16. SUISSE PARC NATUREL REGIONAL ; GRUYERE PAYS-D’ENHAUT. «Projet espèces cible: rapport 2016 et projet 2017», 2016. Consulté le 2 mars 2017.

8. Annexes

Annexe 1

Liste rouge des espèces et leur catégorie

EN : en danger

Annexe 2

Annexe 3

Annexe 4

Observations BOVA : observations de Bombina variegata

 

Annexe 5

La chytridiomycose

La chytridiomycose est une maladie provoquée par deux champignons. Cette mycose a été découverte en 1998 en Australie et en Amérique centrale, et est apparue en Europe d’abord en Espagne et en Sardaigne. Deux théories se disputent l’origine de la maladie. La première que le champignon serait indigène et que des modifications environnementales auraient transformé cette moisissure en parasite pathogène. La deuxième suppose que le champignon serait non indigène et introduit par des xénopes, batraciens exportés d’Afrique et utilisés comme animaux de laboratoire.

Biologie de l’agent infectieux

Le champignon décompose la matière organique morte et la kératine de la peau des anoures et des urodèles. Il n’est donc présent que sur les parties cornées des amphibiens ; le champ buccal des têtards et toute la peau des adultes. Donc les têtards ne meurent pas mais ils succombent juste après leur métamorphose.

La manière dont la chytridiomycose tue son hôte n’est pas certaine. Soit les champignons amoindrissent les fonctions cutanées des animaux (respiration, échanges, rétention d’eau) ce qui provoque leur mort. Soit les champignons émettent une toxine qui empoisonne les amphibiens, leur peau se desquame et l’animal meurt. 

Propagation : les espèces séjournant longtemps en milieu humide sont plus exposées car l’infection se transmet essentiellement dans l’eau. Certains amphibiens résistent à la mycose et pourront transmettre l’épizootie (= épidémie) pendant plus longtemps.

Une fois que l’agent pathogène est présent, on ne peut pratiquement plus l’éliminer. Il s’agit alors d’empêcher sa propagation. Le plus grand risque vient des herpétologues qui contrôlent plusieurs sites en peu de temps. Ils doivent décontaminer minutieusement leur matériel après chaque visite. Il est également primordial de ne pas transférer d’organismes vivants d’un site à l’autre.

Les scientifiques craignent que la chytridiomycose ne mène les amphibiens à l’extinction !

Annexe 6

Projet « espèces cible » 2016-2017

Le projet se concentre sur six amphibiens, pour la plupart en danger, présents sur le territoire du parc ainsi que sur le suivi des nichoirs à hirondelles de fenêtre et à chauves-souris. Les amphibiens concernés par ce projet sont : la grenouille rousse, le crapaud commun, le sonneur à ventre jaune, le triton alpestre, la salamandre noire et la salamandre tachetée. Les buts d’un tel projet sont :

  • Une meilleure connaissance de la présence et de la répartition des six espèces d’amphibiens sur le territoire du Parc.

  • Le repérage des points de conflits sur les routes et la proposition de solutions.

  • La favorisation des populations d’amphibiens grâce à l’aménagement de plans d’eau temporaires ainsi que la mise en œuvre de mesures de protection sur les passages routiers à conflits.

  • La sensibilisation auprès du public de manière générale sur les amphibiens et sur leur préservation.

 

Plusieurs actions ont été réalisées entre le printemps et l’été 2016 :

1. Inventaire participatif des sites de reproduction – Appel à la population

Un appel à la population du Parc a été lancé en début d’année afin de récolter des données sur les sites de reproduction des amphibiens. Grâce à ce dernier, plus de 70 nouveaux sites de reproductions ont pu être localisé sur le territoire du parc.

2. Participation au projet Phénoclim du CREA

Le programme Phénoclim du CREA consiste à récolter des données phénologiques sur la grenouille rousse comme le nombre et la date de ponte sur chaque site et aussi les différents stades de développement des têtards.

3. Identification des points de conflit routier sur Vaud

Il s’agissait de  recenser des sites conflictuels entre batraciens et trafic afin de sécuriser les tronçons les plus problématiques. Grâce à ce travail, 22 points géographiques ont pu être identifiés avec la présence d’amphibiens sur la route, en période de migration. La route des Mosses est celle qui pose le plus grand problème avec des centaines d’amphibiens qui la traversent.

 

Deux activités de sensibilisation auprès de la population ont été organisées par les membres du parc :

1. La Nuit des amphibiens

Cette nuit s’est déroulée le 20 mai 2016 près de la gravière de Grandvillard, en collaboration avec le karch. Organisée sous forme de postes, la soirée a attiré une centaine de personnes montrant un grand intérêt pour les différents amphibiens de la région.

2. Le Passeport vacances

Cette année, le Parc a participé aux passeports vacances de la Gruyère et du Pays-d’Enhaut en proposant deux après-midi sur le thème des amphibiens. Ces activités se sont déroulées autour de la gravière de Grandvillard et le long de la Sarine à Château-d’Oex. Au total 32 enfants y ont participé.

Pour 2017, le parc prévoit de continuer la prospection du sonneur à ventre jaune et prévoit aussi des aménagements sur les zones favorables. Une barrière à amphibien va être déployée le long de la route des Mosses mais pour cela, des bénévoles doivent encore être mobilisés. (16)

 

Figure 28.A                                               Figure 28.B

Chant du sonneur à ventre jaune - Bombina variegata
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Actualisé le : 02.12.2018