1. Introduction 

Le Lagopède alpin est un des nombreux habitants qui peuplent les sommets de notre pays aux côtés de la marmotte, du bouquetin et du chamois. Parmi les oiseaux, on peut le voir comme un cousin du grand Tétras, ou encore de la Perdrix bartavelle. À la fois discret et énigmatique, l'oiseau fait l'objet de nombreuses études, et est aussi le centre d'intérêt de plusieurs ornithologues à la recherche de cette perle rare qui peuple les pierriers d'haute altitude. Depuis le début du 20ème siècle, le réchauffement climatique, en bonne partie dû à l'augmentation des gaz à effet de serre produits par l'activité humaine, est devenu un sujet autant d'étude que d'inquiétude. De ce fait, de plus en plus de recherches sont menées sur plusieurs espèces par des scientifiques afin d'évaluer les conséquences du réchauffement climatique global de la planète. Elles peuvent être destinées à imaginer le futur, ou alors à apporter la preuve des conséquences déjà effectives de ce phénomène sur la faune et la flore. Ainsi ce travail se penchera aussi sur le duel opposant le Lagopède au réchauffement climatique. Dans le scénario selon lequel le réchauffement modifierait rapidement l'habitat du Lagopède, la seule adaptation possible pour l'oiseau serait un déplacement en altitude, ce qui pourrait le mener soit vers une extinction, soit vers une prolifération. Mais l'oiseau pourrait tout aussi bien ne pas en être affecté, ce qui est le cas pour un certain nombre d'autres espèces.

Dans ce travail, ce sont les Alpes suisses qui seront prises en compte. En effet, l'oiseau et ses sous-espèces sont également présents dans plusieurs autres pays et dans leurs biotopes respectifs. Cependant, c'est la sous-espèce helvetica (Thienemann, 1829) qui sera étudiée ici. Par ailleurs, ce sera aussi le réchauffement climatique et ses conséquences qui seront analysés, afin de mieux connaître la relation entre ce phénomène et le Lagopède. Toutefois, ce ne sera pas une étude complète du changement climatique qui sera présentée, car tous les aspects de ce dernier n'ont pas forcément une influence sur l'oiseau. L'analyse se focalisera sur ceux qui ont un rapport avec l'habitat et le comportement du Lagopède.

Il sera alors question de savoir si l'oiseau possède un avenir dans les sommets de Suisse. Dans le cas ou ces changements s’avéreraient être une réelle menace, il s'agira aussi d'étudier à quel point l'impact sera important, et d'en proposer une projection. Le but final sera d'avoir acquis une connaissance plus élargie sur la cause animale dans le cadre du réchauffement climatique, car c'est avec une meilleure connaissance des effets de ce dernier sur les animaux qu'il sera possible, à l'avenir, de favoriser et protéger la faune de nos montagnes, ainsi que de bien d'autres biotopes.

2. "Lagopus Muta"

2.1 Présentation de l'espèce

2.1.1 Description

 

Le Lagopède alpin, aussi appelé « La Perdrix des neiges », est un oiseau peu commun des Alpes, de la famille des gallinacés. Sa taille adulte est de 31 à 35 centimètres et il peut peser jusqu'à 600 grammes. En été, l'oiseau est de couleur grise avec des tâches foncées (rappelant beaucoup la couleur des cailloux de son habitat), et de couleur blanche en hiver avec, chez les mâles, un somptueux sourcil rouge en opposition avec ses nuances pâles, mimétiques, lui permettant de se fondre dans la neige (voir figure 1). [1] Il se déplace très souvent en marchant, ce qui le différencie de la plupart de ses congénères. Il y a très peu de différences entre le mâle et la femelle dans les plumages. En hiver, comme expliqué ci-dessus, seul le mâle possède un sourcil rouge. Il possède également une petite bande noire prolongeant son bec. En été, la femelle possède simplement un plumage plus brunâtre que le mâle, et un sourcil rouge plus petit. [2]

 

   Figure 1 : Les différents plumages du Lagopède

2.1.2 Habitat et aire de répartition

Le Lagopède alpin est un oiseau exclusivement montagnard et son aire de répartition coïncide avec ses biotopes. Psychrophile [3-Glossaire], l'oiseau préfère les zones de basses températures et choisit des territoires où les températures maximales de juillet sont de 10-12 C°. En cas de températures plus élevées, l'oiseau risquerait une hyperthermie [4]. Le Lagopède est particulièrement friand des pentes comprenant des pierriers lui offrant un lieu de camouflage idéal, mais possédant également des zones de végétation rase comme dans les figures 2 et 3 (SVENSSON, MULLARNEY, ZETTERSTRÖM, 2012, p.49). C'est le cas pour toutes les prairies de rhododendrons et arbustes en tout genre, comprenant des rochers. En revanche, il est impossible de trouver cette espèce en forêt, car le milieu est trop fermé. À préciser que tous les lieux cités doivent aussi correspondre au critère « nourriture », et se rapportent donc au point 2.1.4 « Alimentation » (MAUMARY, VALLOTON, KNAUS, 2012, p.249).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est sur les crêtes et versants des Préalpes et autres Alpes dites « externes » (zones se situant sur les extrémités des Alpes), et « profondes » (centre des Alpes), que le gallinacé voit ses effectifs évoluer. Son aire de répartition, au niveau mondial, se situe sur toutes les régions touchées par la dernière ère glaciaire à laquelle l'espèce est étroitement liée. Cette glaciation leur à permis de s'étendre sur tout le nord de l'Europe (englobant l'Angleterre, l'Écosse, la Norvège, la Finlande etc...), sur les Alpes (suisses, italiennes et autrichiennes [5]) ainsi que sur les Pyrénées [6]. Dans toutes ces régions, il est possible de trouver des communautés de Lagopèdes alpins « helvetica » à des altitudes oscillant entre 1900 et 2600 mètres. Cela dit, il existe des exceptions, car plusieurs données ont d'ores et déjà été homologuées à des altitudes record. C'est le cas pour un couple trouvé à une altitude de 1700 mètres (Risetenstock, LU) ou même à 1500 mètres (Teysachaux, FR) où un mâle chanteur a été signalé (mais la nidification n'a pas pu être prouvée) ou alors pour un couple observé à 4195 mètres (Aletschhorn, VS) en 1995 [7]. Mais ces données restent tout de même des cas particuliers très rares. Vous l'aurez compris, le Lagopède alpin est un oiseau d'altitude qui aime les températures fraîches (MAUMARY, VALLOTON, KNAUS, 2012, p.249).

2.1.3 Comportement, déplacements et mue

La Perdrix des neiges est un oiseau généralement peu farouche car elle porte une telle confiance en son camouflage qu'il est souvent facile de l'approcher. Cet aspect est encore plus marqué durant la période de reproduction (3.1.5) car l'adulte, essayant de protéger les jeunes, peut parfois approcher l'observateur de très près afin d'essayer de l'attirer loin des poussins. Ce comportement laisse d'ailleurs place à de fantastiques observations durant lesquelles l'adulte peut se trouver à marcher deux mètres devant l'observateur.

En cas de danger, il émet des cris comparables à un Tycoon guiro [8-Glossaire] pour avertir ses congénères. Pour ce qui est de son chant, il est très similaire à son cri, mais d'une tonalité plus aiguë. Il est d'ailleurs possible de l'entendre en duo avec son cousin le Tétras lyre lors d'une balade en altitude à l'aube (de préférence avant le lever du soleil), car c'est à ces heures-là que le gallinacé est le plus actif vocalement (MAUMARY, VALLOTON, KNAUS, 2012, p.249).

En ce qui concerne ses déplacements, le Lagopède est un oiseau sédentaire et ses seuls déplacements demeurent de simples changements d'altitude, provoqués par l'enneigement ou par la période de reproduction. Si l'enneigement est trop important, il arrive que le Lagopède décide de descendre pour trouver une couverture neigeuse moins épaisse dans laquelle il puisse se déplacer et se nourrir plus aisément (parfois jusqu'à la limite des arbres, se situant entre 1600 et 1800 mètres d'altitude). Après la période de reproduction, une fois les œufs éclos, les mâles ouvrent la marche en remontant les pentes raides qui constituent leur biotope (parfois, jusqu'à plus de 3000 mètres), avant de se faire rejoindre par le reste de la famille.

Cela dit, il arrive parfois que les oiseaux se déplacent suite à divers problèmes, tels que les dérangements humains ou la concurrence avec d'autres mâles de la même espèce, afin de trouver de nouveaux territoires. C'est d'ailleurs dans de telles circonstances que certains oiseaux bagués ont été retrouvés à plusieurs centaines, voire milliers de kilomètres, de leurs lieux d'éclosion/d'habitat. Cela a été le cas pour un individu de la sous-espèce «captus (J. L. Peters, 1934)» (Est du Groenland), qui a plusieurs fois été observé sur le territoire islandais, ou alors pour une observation sur la côte bulgare de la mer Noire, où le site de nidification le plus proche se situait a 1'100 kilomètres ! (MAUMARY, VALLOTON, KNAUS, 2012, p.249).

 

En hiver, l'oiseau a développé une technique idéale pour sa survie. Il se place sur les crêtes ou le vent est souvent le plus fort et profite du fait que la neige soit balayée pour se nourrir des plantes enfouies sous une couche de neige ainsi plus mince. Au repos, l'oiseau profite souvent des trous formés par le vent entre les cailloux et la neige pour se protéger, conserver son énergie et rester à l'abri de prédateurs potentiels.

 

La mue, phénomène observable chez tous les oiseaux, décrit le fait que le volatile recrée son plumage. Ce processus comporte deux avantages : le premier est que l'oiseau a la possibilité de réparer les plumes qui seraient abîmées et le deuxième, particulièrement important chez le Lagopède, est qu'il favorise le mimétisme de l'oiseau en reformant un plumage adapté à son environnement (voir figures 1 et 4). C'est entre les mois de mars et avril que le Lagopède passe de son plumage blanc d'hiver à celui d'été; et c'est dans le courant des mois de septembre à octobre que l'oiseau retrouve son plumage de glace. Habituellement la mue dure environ trois semaines. Le changement de plumage n'étant pas toujours parfaitement coordonné avec les chutes ou la fonte des neiges, il arrive que l'oiseau se retrouve momentanément avec un plumage très contrasté avec son environnement. C'est pourquoi il est plus facile de l'observer durant ses deux périodes de mue (MAUMARY, VALLOTON, KNAUS, 2012, p.249).

2.1.4 Alimentation

Le Lagopède alpin est un oiseau omnivore. Il se nourrit aussi bien d'insectes et d’arachnides que de plantes présentes dans son milieu comme on peut le voir sur la figure 5. Difficile de déterminer les espèces d'arthropodes dont le volatile se nourrit; en revanche il est possible de le faire pour les plantes. Dans la liste on peut retrouver, par exemple, le genévrier nain (Juniperus communis nana), le saule herbacé (Salix herbacea), des camarines (Empetrum hermaphroditum) [9-Glossaire], [10], ainsi que de nombreuses baies, mousses, lichens, feuilles et bourgeons de plantes en tout genre (MAUMARY, VALLOTON, KNAUS, 2012, p.249).

   Figure 5 : Lagopède recherchant sa nourriture.

Dessin de Jérôme Gremaud.

2.1.5 Reproduction

La période de reproduction commence entre les mois de mars et mai où les couples, restés ensemble tout l'hiver, se disloquent. Par la suite, entre mai et juin, de sublimes parades nuptiales prennent forme, durant lesquelles les mâles tentent d'impressionner les femelles. Lors de ces parades, ils se laissent planer en déployant les ailes de toute leur envergure, comme montré dans la figure 6.

   Figure 6 : Vol nuptial du Lagopède Alpin

(tiré de « handbuch der Vögel Mitteleuropas »)

Une fois les nouveaux couples formés, la construction du nid est entreprise. Il est assemblé dans une dépression naturelle à l'aide d'herbes desséchées, de mousses, de pierres et de plumes. Trois à neuf œufs y seront pondus durant l'année.

Le temps d'incubation des œufs est de 23 à 24 jours, mais peut osciller entre 21 et 26 jours. Une fois sortis de l’œuf, les jeunes restent au nid pendant une durée de 10 jours, avant de prendre leur premier envol. Il demeureront dans les parages, jusqu'à ce qu'il soient capables de se débrouiller tout seuls. Une fois adultes, les Lagopèdes restent dans la zone où ils sont nés, si des territoires assez grands sont disponibles. En principe une seule ponte est produite par année mais il peut exister des exceptions, dues à des problèmes lors de la couvaison et entraînant sa perte. Ce phénomène est souvent lié à des précipitations auxquelles les couvées sont extrêmement sensibles. Mais la perte des œufs est aussi et surtout due aux prédations qui peuvent réduire le nombre de jeunes à l'envol. Dans ces cas là, il n'est pas impossible qu'une ponte de remplacement ait lieu un peu plus tardivement dans la saison, dans le but de compenser les pertes subies (MAUMARY, VALLOTON, KNAUS, 2012, p.249). Ce phénomène n'est pas spécifique à l'oiseau, car il est également observé chez beaucoup d'autres espèces. [11, Information de l'ornithologue fribourgeois Michel Beaud] A noter aussi que le Lagopède peut se reproduire dès sa première année et que, en dehors de la période de reproduction, des familles peuvent s'assembler et former des groupes de dix à vingt individus. [12]

2.1 Le Lagopède dans le canton de Fribourg

Dans le canton de Fribourg, la distribution du lagopède est malheureusement très limitée et ne se dessine que dans quelques régions restreintes, car il y a peu de zones favorables à l'espèce situées au dessus de 1700 mètres.

Comme on le voit dans la figure 7, les territoires occupés en 1992 se situent tous dans l'extrême sud du canton, soit dans les préalpes. Cette figure nous montre les carrés (2,5 kilomètres de côté) dans lesquels l'oiseau peut être considéré comme nicheur. Ces carrés sont ceux du Kaiseregg, de la Cape au Moine, du Chällihorn, des Dents Vertes, de la Hochmatt, des Gastlosen, de la Dent de Savigny, des Pucelles, de la Dent du Bourgo, de la Dent de Brenleire, de la Pointe de Cray, et du Moléson (CERCLE ORNITHOLOGIQUE DE FRIBOURG, 1992, p.92).

Par rapport à la carte de 1992, on peut d'emblée souligner que la situation du Lagopède dans le canton de Fribourg s'est très nettement dégradée. En effet, sur les relevés obtenus grâce au futur atlas des oiseaux nicheurs de Suisse qui paraîtra en 2016, nous constatons que l'oiseau n'est présent que sur deux carrés (cette fois élargis à dix kilomètres par dix kilomètres) et aurait donc disparu de la région du Moléson. [13]

3. Le changement climatique dans les Alpes

3.1 Réchauffement climatique : évolution et prévisions

Cela fait déjà quelques années qu'une légère augmentation des températures se fait ressentir dans l'air de notre planète. Cela pourrait devenir un véritable problème pour des écosystèmes, en bouleversant un équilibre qui a pris des milliers d'années à s'implanter.

Figure 8 : Évolution des températures dans le monde (de 1976 à 2002)

("Ecological responses to recent climate change")

Entre 1976 et 2002, l'augmentation de la température moyenne sur terre a été de 0,6°C. La figure 8 montre que des régions comme l'Europe, l'Est américain et l'Asie, sont particulièrement touchées par ce phénomène, alors que d'autres, situées surtout dans les océans, subissent le contraire. En Suisse, la figure 9 montre que l'augmentation de la température moyenne a même été encore supérieure à celle du reste de l'hémisphère nord. Elle a été de près de 1,6°C en Suisse occidentale, de 1.3 °C en Suisse alémanique et de 1°C au sud des Alpes. [14]

Figure 9 : Évolution des températures en Suisse et dans l'hémisphère nord de 1901 à 2004

 

Pour ce qui est du scénario envisageable en Suisse pour le 21ème siècle, selon un rapport d'experts mandatés par le Département fédéral de l'environnement, le pays s'apprêterait à connaître une augmentation des températures comprise entre 1.4 C° à 5.8 C° (ORGANE CONSULTATIF SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, 2015). Cela dépendra, évidemment, des mesures mises en places par les pays du monde afin de contrer le réchauffement climatique, comme il en a été discuté lors de la COP21. [15] De plus, les scientifiques s'accordent à dire que les scénarios les plus défavorables risquent de se situer dans les montagnes et les zones froides de base. C'est précisément les biotopes où vivent les Lagopèdes. [16]

3.2 Réchauffement climatique : effets sur l'habitat du Lagopède

De nombreuses études ont d'ores et déjà montré que le réchauffement climatique aurait un effet, néfaste ou bénéfique, sur les phénomènes ainsi que les biotopes qui constituent l'environnement du Lagopède. Dans ce chapitre, il sera question des changements touchant spécifiquement les Alpes, mais en s'intéressant particulièrement à ceux qui pourraient avoir un impact sur l'habitat du Lagopède alpin. Il s'agira plus précisément des évolutions des températures, des limites des forêts, de la flore et des précipitations.

Selon une étude basée sur l'effet du changement climatique sur les forêts alpines, on peut prévoir que la limite des arbres s'élèvera, en altitude, durant les prochaines années. Cette affirmation est basée sur 2 critères : augmentation des rayonnements et de l'apport en eau durant le mois de juillet (précipitations). L'étude de ces facteurs démontre une possible modification dans la variété d'espèces présentes dans les forêts alpines, ainsi qu'un très probable déplacement de la limite supérieure des arbres en montagne, repoussant de plus en plus haut le territoire de la perdrix. [17] D'ici 2100, certaines études prédisent une élévation des forêts suisses de près de 1200 mètres, ce qui est énorme. [18] Toute ces prévisions se basent sur des observations faites ces dernières années. Cela a été le cas, par exemple, dans une étude menée par des chercheurs russes, dans laquelle il s'est avéré que les forêts de l'Oural se seraient élevées de soixante à huitante mètres depuis le début du vingtième siècle. [19]

Le second effet du réchauffement sur le territoire alpin est la modification de la végétation rase. D'après une étude publié dans le journal « Climatic change », une variation de température pourrait favoriser l'arrivée de nouvelles espèces de plantes qui réduiraient, voir supprimeraient, celles déjà présentes. Nous pouvons ici émettre une hypothèse sur le fait que le Lagopède pourrait voir sa nourriture diminuer en quantité ou même disparaître. Dans ce cas ci, les répercussions seraient terribles. De plus, l'étude affirme que des zones de « grassland » (terres où seule l'herbe pousse et qui sont généralement en haute altitude), pourraient également être colonisées par de nouvelles plantes. Ce phénomène risquerait de dévaloriser l'habitat, et faire reculer l'oiseau. [20]

Le dernier point sur lequel le réchauffement aurait une influence et qui pourrait être néfaste pour le Lagopède serait une augmentation des précipitations. Comme déjà décrit dans le chapitre 2.1.5, une trop forte quantité de pluie durant les périodes de reproduction serait une catastrophe pour la nidification. Des conditions météo défavorables se produisant plusieurs années à la suite pourraient provoquer une diminution, voir une disparition de l'espèce. Une deuxième étude à également analysé ce phénomène et prévoit une hausse des précipitations sous forme de neige ou de pluie, pour l'hiver ainsi que pour l'été. En fait, l'augmentation calculée par cette étude serait de 10 % pour l'Europe à l'horizon 2100. [21]

Tous les éléments mentionnés ici sont les facteurs prépondérants dans l'équilibre du Lagopède. Or, ils sont en train de changer très rapidement et d'appauvrir le territoire du Lagopède par la même occasion. C'est en fonction de tous ces facteurs que seront analysées les chances de survie du Lagopède alpin dans le chapitre suivant.

4. Effets du changement climatique sur le Lagopède

4.1 Les bouleversements depuis 1970

Pour parler de l'effet du réchauffement sur les espèces alpines, Stefan Bachmann, de BirdLife Suisse annonce que : « Das am besten untersuchte Beispiel ist das Alpenschneehuhn », ce qui signifie, dans la langue de Molière, que le Lagopède est un des meilleurs exemples pour montrer que le changement climatique à bel et bien un effet sur le règne animal. Si l'on regarde les chiffres, on voit que c'est effectivement assez démonstratif de cette affirmation… En effet, la Vogelwarte Sempach estime que l'on a déjà perdu près de 13 % de la population suisse depuis le début des relevés. [22] Ce chiffre est en accord avec celui fourni par Hans Schmid de la Station ornithologique qui signale que la population totale de Lagopèdes en Suisse serait passée de 12'000-15'000 couples en 1996 à 10'000-14'000 en 2015. [23, Chiffres fournis par Hans Schmid par mail, 3 décembre 2015] C'est également ce que semblent affirmer les cartes de relevés de Sempach datant de 1970, 1990 et 2015.

Figure 10 : Répartition du Lagopède alpin en 1970

La première carte datant de 1970 (figure 10) nous montre une répartition très homogène sur tout le relief alpin suisse du Lagopède, à travers des carrés de 10 kilomètres par 10 kilomètres. Cependant, il existe quelques carrés clairs, signe de l'absence de l'espèce, se trouvant quand même sur des zones de montagne. Ce manque de données pourrait venir d'une mauvaise prospection du territoire ou d'une inaccessibilité des carrés.

Figure 11 : Répartition du Lagopède alpin en 1990

Le premier relevé fiable qui sera utilisé est celui de 1990 (figure 11). Cette fois ci, c'est l'entier du territoire alpin qui est recouvert par des carrés occupés. Là aussi persistent 2 carrés blancs, mais ce sont des zones se trouvant en vallée où le Lagopède est plus difficile à trouver.

Figure 12 : Répartition du Lagopède alpin en 2015

En comparant la répartition de 2015 (figure 12), avec celle de 1990, on peut très clairement voir que des carrés manquent à l'appel. Pourtant, ni la quantité d'ornithologues, ni l'accessibilité des sommets n'ont changé. Au contraire, ces facteurs se sont même améliorés. Le carrés s'étant éclaircis sur la carte de 2015 sont donc témoins d'un déplacement, ou d'une disparition de l'espèce. [24, Chiffres et cartes fournis par la Vogelwarte Sempach]

Si l'on compte les carrés kilométriques (10 x 10 kilomètres), on peut observer que 243 carrés étaient occupés en 1990, alors que seuls 227 le sont toujours en 2015, ce qui correspond à une baisse des carrés occupés de 6.6 %. A noter que les carrés indiquent uniquement la présence de l'oiseau et non le nombre de ses effectifs. Un carré est comptabilisé comme occupé si la présence d'un seul couple, ou individu est observé : c'est pourquoi une diminution des effectifs peux se produire sans que la carte ne le démontre. C'est donc normal que ces chiffres ne coïncident pas avec les 13 % fournis par la station ornithologique suisse.

4.2 Les prévisions à l'horizon 2070

4.2.1 Réalisation de l'étude Revermann

Maintenant que les changements déjà observés à ce jour ont été analysés, c'est de prévisions dont il sera question. A cette fin, on examinera une étude réalisée par une équipe de chercheurs allemands et suisses au centre ornithologique suisse. [25] Cette étude se base sur l'évolution de la qualité des habitats alpins d'ici 50 ans.

Pour réaliser cette étude, les chercheurs on utilisé une énorme quantité de données issues de relevés effectués par des bénévoles entre mai et juin 2005. Ces derniers ont été répartis sur neuf zones significatives où le Lagopède alpin pouvait d'être présent. Dans ces zones, il a justement été établi la présence ou l'absence de l'espèce à l'aide de plusieurs critères tels que les observations, les cris, la présence d'excréments (figure 13), mais aussi des traces telles que celles de la figure 14. Une fois la présence prouvée, les chercheurs ont analysé toutes les caractéristiques de l'habitat dans le but de prédire les changements qui pourraient s'y produire. De ces analyses sont ressortis des paramètres de type climatique, végétal ainsi que topographique, caractéristiques des zones occupées par le Lagopède. Ces nombreux paramètres sont présentées en annexe dans la colonne de gauche de la table 1 (PDF). [26]

A partir de ces critères, les chercheurs ont évalué 5 modèles, auxquels une liste de caractéristiques topographiques, climatiques et végétales est reliée. Ces modèles décrivent l'habitat à l'aide de ces caractéristiques et permettront par la suite de prédire l'évolution du biotope. Les facteurs associés aux 5 modèles sont différents (Table 2, PDF) [27]. Une analyse à donc été nécessaire afin de sélectionner le modèle le mieux adapté. Ce choix s'est basé sur une méthode statistique appelée « AUC » (area under ROC-Curve) qui permet d'évaluer le degré de précision d'un modèle. Cette méthode a été appliquée aux 5 modèles afin de déterminer lequel de ceux-ci serait le meilleur. C'est le modèle appelé « BRT » (boosted regression trees) qui s'est avéré être la plus plausible.

De ce modèle sont ressorties plusieurs facteurs en rapport avec le réchauffement climatique. Ce sont ceux qui ont déjà été traités lors du point 3.2 «Réchauffement climatique : effet sur l'habitat du Lagopède » . Cela dit, plusieurs autres facteurs, même indépendants du réchauffement, peuvent influencer l'habitat, mais sont de moindre importance face à l'augmentation des température, à la montée de la limite des arbres, au brassage de la flore et à l'augmentation des précipitations. Ils seront cependant bel et bien pris en compte par le modèle BRT.

4.2.2 Les résultats

En connaissant maintenant les critères importants pour la qualité d'un habitat, l'équipe de chercheurs a donc pu établir des projections en fonction de 3 scénarios d'augmentation de températures (minimale, médiane et maximale) à l'horizon 2030, 2050, 2070. Un tableau a été rédigé afin de résumer les résultats obtenus pour ces 3 dates avec les 5 modèles utilisés (Table 3, PDF). [28] Tous les modèles prédisent une diminution plus ou moins importante des biotopes où le Lagopède pourrait être présent. Pour 2030, le modèle BRT indique que la réduction des biotopes pouvant accueillir des Lagopèdes serait de 16.7 % pour une hausse de température médiane de +1.45°C. Pour 2050, la diminution médiane prédite serait de 18,4 % pour une hausse des températures de +2.75°C. Enfin, pour 2070, le modèle BRT prévoit une diminution de territoire de 31.2 % dans le cas d'une augmentation médiane de température, soit +3.9°C. Dans le cas le plus favorable (augmentation de la température de +1.9°C), la diminution ne serait que de 10,5 %. En revanche, dans le cas le plus défavorable, soit d'une augmentation de +7.1°C, c'est jusqu'à 68.5 % de l'aire de répartition qui pourrait disparaître. A noter que pour cette même date, un autre modèle utilisé (GLM, table 3), annoncerait même une diminution maximale du territoire de 81,1 % (REVERMANN, 2012, p.902).

Au niveau de la cartographie, la figure 15 représente l'évolution prévue entre 2012 et 2070 dans le cas d'une augmentation médiane des températures. Dans ces cartes, le territoire du Lagopède a été classifié en 3 groupes : habitat non favorable (« Nonsuitable habitat ») où le lagopède ne peut se trouver, en opposition à un habitat considéré favorable (« Suitable habitat ») ou très favorable (« High suitable habitat ») dans lesquels une présence de Lagopède est envisageable.

Figure 15 : Projection du futur habitat du Lagopède en Suisse pour 2070

en cas d'augmentation des températures selon le scénario médian (tiré de l'étude de Revermann)

Dans la figure, le premier groupe est représenté en gris clair, le deuxième en gris foncé et le dernier en noir. La figure montre ici la même évolution, mais avec 2 échelles différentes. La première comprend des carrés de 1 km2 (cartes a→b), et la deuxième des carrés de 100 km2 (cartes c→d), c'est à dire la même échelle que celle utilisée dans les figures du chapitre 4.1 « Les bouleversements depuis 1970 ». Cette deuxième échelle de cartographie possède l'avantage de très bien montrer la dévalorisation du territoire et son ampleur. Il est très clairement visible que la diminution, voire disparition de l'espèce, risque de toucher de très nombreuses zones ; celles-ci se trouveront surtout dans les Préalpes fribourgeoises et vaudoises, au Tessin et dans le nord des Grisons.

Cependant, le réchauffement n'est pas le seul phénomène pouvant déranger le Lagopède. Un élément qui n'a été pris en compte que partiellement dans la réalisation de l'étude est le dérangement engendré par l'homme. En effet, seul le paramètre comprenant la distance entre les remontés mécaniques et les territoires (« Distance to ski fields ») a été pris en compte. Cela dit, le lagopède est un oiseaux très fragile et facilement perturbable. Une augmentation des sentiers de randonnée, des marcheurs ainsi que la construction de nouvelles routes de montagne risqueraient d'affecter sensiblement l'oiseau. Tous ces facteurs engendreraient des dérangements, tant visuels que sonores, malheureusement peu compatibles avec la perdrix. Cela dit, cette affirmation n'est qu'une hypothèse et n'implique pas nécessairement que la réduction de territoire devienne encore plus conséquente. Quoi qu'il en soit, la mise en place de « zones de tranquillité » reste un bon moyen pour favoriser la cohabitation entre le Lagopède et l'homme, comme l'indique ProNatura. [29]

5. Conclusion

Les données présentées dans ce travail confirment l'hypothèse mise en place lors de l'introduction, à savoir, que le réchauffement climatique serait un réel problème pour le Lagopède alpin. En effet, l'augmentation des températures dans les Alpes permettra à des phénomènes ayant un impact considérable sur l'oiseau de se produire plus souvent, provoquant ainsi des modifications significatives sur les biotopes auxquels le gallinacé est actuellement bien adapté. L'augmentation des précipitations, la monté des forêts, la modification de la flore ainsi que l'augmentation des températures elle-même repousseront toujours plus haut les limites du Lagopède. Mais jusqu'à quand ?

Compte tenu de ces éléments, il est maintenant temps d'apporter une réponse à la problématique exprimé dans le titre : le Lagopède aura-t-il toujours sa place dans nos montagnes ? La réponse est sûrement oui à moyen terme comme le montrent les projections de l'étude Revermann pour 2070. Cependant, il est clair que la population de Lagopède alpin a déjà nettement baissé, et d'après ces projections, cette diminution n'est pas prête de s'arrêter. Mais l'évolution à plus long termes est difficile à prévoir car elle ne dépendra pas seulement du degré d'augmentation des températures et des capacités d'adaptation de l'espèce aux nouvelles conditions, mais également de l'efficacité des mesures prises par l'homme pour freiner le réchauffement climatique. Toutefois, on ne peut pas exclure, comme le souligne Hans Schmid dans son interview en annexe, que le Lagopède puisse un jour disparaître complètement de notre pays.

Cela dit, le changement climatique n'est pas le seul problème pour l'oiseau. Un point très important que le travail n'a pas étudié en détail, car il ne faisait pas partie de la problématique, est le rapport entre l'animal et l'homme. Comme mentionné précédemment, les dérangements causés par l'homme pourraient être tout autant dévastateurs pour le Lagopède que le réchauffement lui-même. Il a déjà été remarqué pour certaines espèces très similaires au Lagopède, comme le grand Tétras ou le Tétras lyre, qu'une régression du territoire à déjà eu lieu en raison des dérangements occasionnés par les domaines skiables, les zones d'habitation, ou de simples chemins de randonné. Voici un domaine dans lequel chacun pourrait s'investir afin de permettre aux animaux de régions alpines de survivre. C'est d'ailleurs dans ce domaine que la Station ornithologique suisse ainsi que de nombreuses autres associations telles que le COF (Cercle Ornithologique de Fribourg), ProNatura ou Nos Oiseaux militent par la mise en place de zones de tranquillité. Mais comme le souligne Hans Schmid dans son interview, la simple étude de l'impact du réchauffement sur une espèce, comme celle réalisé par Rasmus Revermann, contribue déjà, indirectement, à la protection de l'espèce.

Pour conclure, il serait bon de rappeler que la nature et tout ce qui en découle est précieux, et qu'une destruction de celle-ci ne nous serait en aucun cas bénéfique. Le Lagopède a beau être l'élément principal de ce travail, il n'est de loin pas le seul à subir les conséquences du réchauffement climatique. Les plantes, les micro-organismes, les insectes et beaucoup d'autres êtres vivants risquent d'être fortement perturbés ces prochaines années si rien n'est mis en place pour ralentir le réchauffement de notre planète. Mais cela ne dépend que de nous et il ne reste plus à chacun que de se poser les questions les plus pertinentes, et d'agir en conséquence.

Annexe : Interview de Hans Schmid, responsable de la section « surveillance de l'avifaune » à la station ornithologique de Sempach

1) Comme vous travaillez à Sempach, quelle est l'image qui ressort du Lagopède alpin à la station ornithologique suisse ?

Depuis déjà une dizaine d’années nous suivons l’évolution des effectifs du Lagopède alpin avec une préoccupation croissante. Nous constatons des pertes dans les zones périphériques de sa distribution, une tendance à quitter les biotopes bas et, dans les zones témoins comptées chaque année, une diminution marquée.

 

2) Dans quelle mesure le Lagopède alpin est-il une préoccupation pour la Station ornithologique de Sempach ?

Les prévisions concernant le changement climatique nous indiquent qu’on doit craindre des bouleversements sévères notamment dans les Alpes. Les botanistes nous confirment une modification importante de la végétation des sommets. Les glaciers fondent. Il y a des sécheresses. Nous voyons donc que les habitats des Lagopèdes se transforment à une vitesse vertigineuse. C’est particulièrement inquiétant parce que la Suisse a une grande responsabilité pour la survie de l’espèce dans les Alpes.

 

3) Qu'est-ce qui vous a poussé à réaliser cette étude ?

Un des buts principaux de la Station ornithologique suisse est d’avoir à tout moment une bonne vue d’ensemble de la situation de toutes nos espèces nicheuses. Des analyses approfondies pour découvrir les causes des pertes (ou des augmentations) sont importantes pour comprendre les dynamiques des populations. Malheureusement, en pratique, c’est assez souvent un devoir compliqué et coûteux.

 

4) Pensez-vous que le changement climatique soit le seul facteur de régression du Lagopède alpin ?

Il peut en avoir d’autres. Dans quelques cantons on pratique toujours la chasse aux Lagopèdes. Les dérangements causés par les loisirs, pendant presque toute l’année, ou la grande densité des renards s’ajoutent au changement climatique.

 

5) Maintenant que les nouvelles cartes atlas commencent à prendre forme, les résultats vont-il dans le sens de votre étude ?

Nous voyons sur les nouvelles cartes clairement des carrés d’atlas qui ne sont plus confirmés, p.ex. au Tessin. Comme on y a déjà pas mal investi pour trouver des Lagopèdes, la probabilité est grande que ces zones aient été désertées. Le problème avec les cartes atlas c’est qu’elles ont une tendance à rendre l’image plus optimiste qu’il n'en est en réalité : si 99 de 100 couples ont disparu, la carte montre tout de même la présence de l’espèce. Les cartes de densité (qui ne sont pas encore produites) et les graphiques avec les distributions altitudinales nous révéleront la sévérité de la situation.

 

6) Doit-on se faire des soucis pour cette espèce ?

Une étude faite par un étudiant allemand avec des scénarios différents a prévu une perte importante d’ici à quelques décennies, même avec les scénarios les plus mesurés. Comme les hommes semblent incapables de gagner le contrôle sur le changement climatique, on doit craindre que les scénarios les moins optimistes deviendront réalité.

 

7) Quelle conclusion pouvons-nous tirer après avoir lu votre étude ?

On doit malheureusement conclure qu’on n’a encore jamais eu une vue d’ensemble aussi bonne qu’aujourd’hui, qu’on voit arriver la catastrophe pour les Lagopèdes, mais que nous n’avons aucun moyen pour l’éviter. Cela nous rassure-t-il de savoir qu'il y a une chance que les Lagopèdes puissent peut-être survivre au grand nord ?

6. Remerciements

Ce travail n'aurait jamais pu être réalisé sans l'aide de personnes particulièrement impliquées dans leur travail, ou dans leur passion. C'est donc dans ce paragraphe que j'ai choisi de les remercier pour leur aide précieuse :

  • Mmes Jocelyne Jungo et Rachel Steinmann pour leurs corrections, orientation, information, temps et tout autre aide m'ayant été généreusement donnée pour réaliser ce projet

  • Mr Hans Schmid pour les chiffres, cartes, informations et documents m'ayant servi d'inspiration ou de base pour mon étude

  • Mr Jérôme Gremaud pour ses magnifiques dessins

  • Mr Samuel Wechsler pour les cartes de répartition suisses du Lagopède depuis 1970

  • Mr Yann Rime pour le thème, ainsi que pour sa bibliographie

  • Mr Michel Beaud pour ses conseils avisés et ses informations

  • Mme Pilar Cabero pour la relecture

  • Mme Claire Descombes pour son aide à la mise en page

  • Mr Eric Descombes pour la relecture et ses conseils

Lagopus muta (Montin, 1781) par Henri Descombes
 
Henri Descombes
Collège St-Michel

Travail de maturité

2016

 
Les différents plumages du Lagopède Alpin
 
Le Lagopède Alpin suisse, futur disparu ?
Vol nuptial du Lagopède Alpin  (tiré de « handbuch der Vögel Mitteleuropas »)
Lagopus muta - mâle - Tero Linjama
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Évolution des températures dans le monde (de 1976 à 2002) ("Ecological responses to recent climate change")
Évolution des températures en Suisse et dans l'hémisphère nord de 1901 à 2004
Répartition du Lagopède alpin en 1970
Répartition du Lagopède alpin en 1990
Répartition du Lagopède alpin en 2015
Projection du futur habitat du Lagopède en Suisse pour 2070 en cas d'augmentation des températures selon le scénario médian (tiré de l'étude de Revermann)
 
 
 
 
 
 
 
Lagopède Alpin (Lagopus muta) - mâle - Tero Linjama
00:00 / 00:00
 
 

Figure  4 : mimétisme du Lagopède alpin.

Dessin de Jérôme Gremaud.

 
 
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Actualisé le : 02.12.2018