Compte-rendu de la conférence d'Elias Pesenti sur le loup dans le canton de Fribourg

C'est dans une ambiance universitaire et avec un auditoire plein à craquer que s'est déroulée la conférence d'Elias Pesenti, collaborateur scientifique au Service des forêts et de la faune (SFF). L'apparition d'un jeune loup en ville de Bulle quelques semaines plus tôt explique certainement la raison de cette affluence. Le scientifique ne tardera pas à rassurer les moins confiants à l'égard de ce prédateur, pourtant inoffensif pour l'homme. Le loup fait partie de l'infra-classe des Eutheria (Owen, 1880) en raison de son développement placentaire et se positionne dans les caniformes de l'ordre Carnivora (Bowdich, 1821). Deux espèces sont présentes en Suisse : Canis aureus et Canis lupus. Contrairement aux   renards,   les   loups   sont  caractérisés  par  de

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petites oreilles arrondies. Ils vivent parfois en meute et possèdent un territoire de plus de 200 km2. Leur espérance de vie est de 10 à 12 ans. Ils font 110 à 150 cm de long pour 30 à 50 kg en Suisse, 15 à 80 kg ailleurs dans le monde. En Europe, sa présence est confirmée en Suisse, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Suède, en République Tchèque, en Lituanie et dans les Balkans (Chaperon et al., 2014). C'est un animal discret et farouche qui se déplace en trottant et en ligne droite dans le paysage. Remarquablement endurant, il peut parcourir de grandes distances, traverser les frontières, changer de territoire. Il s'alimente de façon opportuniste et cible uniquement les animaux les plus faibles. Il joue un rôle important dans la régulation des chevreuils en Allemagne et des sangliers en Italie. Le pourcentage d'attaques d'animaux de rente est dérisoire et stigmatisé. La peur du loup nous vient de la mythologie, de la religion, et des connotations littéraires et fantastiques qui persistent. Cette fausse réputation s'est auto-alimentée durant des centaines d'années; nul doute que le cri du caniforme fera frémir encore bien des humains... Le loup a ainsi longtemps été un bouc émissaire de l'homme; son retour naturel en Suisse remonte à 1995 (2007 dans le canton de Fribourg, qui compte actuellement trois individus : un subadulte en dispersion et deux individus se promenant ensemble). À la fin du XVIII siècle, la chasse du loup dans le canton de Fribourg était d'ailleurs obligatoire pour tous les détenteurs d'armes ! Heureusement le droit fédéral suisse améliorera les conditions de vie de l'animal dès 1874. Actuellement le loup est un animal protégé, son tir est encore légal sous conditions.

Le Service des forêts et de la faune assure le monitoring du loup et du lynx pour qu'une coexistence durable avec l'homme soit possible. Pour ce faire, il effectue différents suivis à l'aide de techniques variées. Les proies qui sont retrouvées font par exemple l'objet d'analyses ADN. Les données récoltées par les pièges photographiques, les traces signalées, et de manière générale toutes les observations directes ou indirectes permettent d'établir des cartes et des suivis précis des individus. Plus d'informations sur le site du SFF. Liens externes : KORA, OFEV, AGRIDEA.

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Actualisé le : 02.12.2018