Acromantis formosana :                

                                                                                               

 

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(Taïwan) Découverte par Shiraki, en 1911.

 

 

Connue aussi sous le nom de «Taïwan Flower Mantis», Acromantis formosona est une mante fleur de la famille des Hymenopodidae (Giglio-Tos, 1927). Le genre Acromantis regroupe une vingtaine d'espèces dont Acromantis hesione, Philippines/Chine (Stål, 1877) et Acromantis japonica, Japon (Westwood, 1889) qui sont elles aussi relativement répandues dans les élevages de mantoptères. Ces mantes sont toutes noires à la naissance puis font leur croissance dans des teintes brunâtres. Au stades sub-sub des surfaces bleutées commencent à apparaître sur la face inférieur du thorax. Au stade sub-adulte les fourreaux alaires changent progressivement de couleur pour devenir légèrement vert-clair les jours précédents la mue imaginale. La face interne des ravisseuses devient progressivement orange durant la croissance avec de belles rayures arrondies de couleur noire. À l'âge adulte la face interne des coxas devient rouge. Les spécimens adultes ont des ailes vertes resplendissantes. C'est sans aucun doute les ailes des Acromantis f. qui font toute leur popularité au sein des éleveurs de mantoptères. Les yeux de ces mantes méritent également le détour, vous les apprécierez sur les photos, ils sont difficilement descriptibles et semblent tous uniques.

 

C'est suite à un élevage groupé plus que réussi que j'ai décidé de rassembler les données recueillies pour créer cette fiche technique. Au début les informations manquaient mais nous savions déjà qu'un élevage groupé était envisageable avec les règles habituelles : nourriture à volonté, bon espace, suffisamment de supports dans le terrarium. Le suivi a démarré dès réception de 11 Acromantis formosana (stade L4-sub-sub), le 08.01.2015. Une 12e mante est à notre grand regret morte par cannibalisme durant l'envoi, les mantes ayant été envoyées groupées dans un espace confiné. De plus le voyage les a particulièrement fatigué, elles n'étaient pas très réactives les premiers jours suivant le réception. J'ai immédiatement nourri les nouveaux colocataires dans leur terrarium « homemade », spécialement préparé pour les accueillir, un 40x40x50 [cm] bien garni de branchages et de lianes avec un éclairage LED complété par une lampe halogène 40 [w] en guise de chauffage. J'ai donné des Drosophila hydei (Sturtevant, 1921) et Drosophila melanogaster (Meigen, 1830) jusqu'à l'âge adulte, notre récent changement de recette pour l'élevage de nos drosophiles a sûrement dû satisfaire les Acromantis f. qui ont rapidement repris de la vitalité. Je pense que nous avons eu passablement de chance au niveau des conditions de maintien qui se sont avérées très efficaces. Nous savions qu'il fallait partir sur une climat tropical bien humide, entre 20-24°C la nuit et 30°C le jour avec un point chaud en dessous de la lampe halogène à environ 38-40°C, de bonnes pulvérisations quotidiennes et une humidité constante de 75 à 80%. Résultat : les mantes se sont rapidement dispersées dans le terrarium et se regroupaient de temps en temps à proximité du point chaud, jamais directement dessus. La cohabitation a très bien fonctionné malgré quelques frictions accompagnées de belles danses saccadés de style « Boxer mantis », les coups de pattes étaient rares et j'ai remarqué que ces mantes pouvaient se tenir très près les unes des autres sans que la situation ne tourne à la bagarre. Il y a tout de même eu deux cas de cannibalisme avant l'âge adulte et une mue de femelle sub-sub qui a virée au drame. Je pense que c'est dû à la croissance étonnamment rapide d'une partie des femelles, bien plus agressives que les autres et au retard des mues des deux mantes qui se sont fait tuées. Il ne restait donc plus que 8 mantes dans le terrarium et miracle, c'était 4 couples !

 

Les Acromantis formosana sont toutes passées adultes en l'espace d'un mois et les mâles ont très rapidement sauté sur les femelles. Ils changeaient rarement de partenaire une fois qu'ils étaient posés sur leur dos. J'ai même pu observer deux mâles sur une même femelle (voir photos). Les drosophiles sont devenues trop petites pour nourrir les spécimens adultes, c'était le moment de nourrir avec des mouches. Il faut à tout prix éviter de donner des grillons d'élevage achetés dans le commerce, ils seront très mal digérés et provoqueront des malformations aux oothèques. La première femelle qui est passée adulte le 23.02.2015 a été fécondée sûrement plusieurs fois et ce jusqu'à sa première ponte le 08-09.03.2015, ce qui fait uniquement 15 jours entre la mue imaginale et la première ponte fécondée. Cette même oothèque a éclos après 40 jours d'incubation à 25-30°C avec pulvérisation quotidiennes et une bonne aération pour un total de 39 magnifiques petites larves, très vigousses. Pour le moment 3 oothèques ont éclos avec une moyenne de 30 larves par oothèque. Les jeunes L1 sont capable de danser et de faire des ébauches de positions d'intimidation le jour même de leur naissance !

 

Les femelles ont toutes pondu à l'ombre, la plupart sous des écorces placées dans les coins du terrarium. Ou alors, sur les bords des tubes à drosophiles en fin de production. Mais jamais sous les lampes ou sur une branche. Dès les premières pontes les mâles ont commencé à se faire manger les uns après les autres par les femelles qui sont alors devenues très voraces. Cependant, les femelles ont cohabité le premier mois jusqu'à que l'une d'entre elles décapite l'une de ses congénères. J'ai été donc contraint de séparer les femelles afin de ne rater aucune ponte supplémentaire.

 

Remarque :

 

Les femelles ont toutes mué en l'espace d'un mois et chacune d'entre elles a pondu après une vingtaine de jour suivant la mue imaginale. Elles ont donc pondu leur première oothèque avec un grand décalage d'environ 30 jours entre la première et la dernière ponte. Comme dit plus haut, j'ai du séparer les femelles après leur première ponte pour éviter un nouveau cas de cannibalisme. Quelques jours plus tard, un étrange phénomène a eu lieu. Je suis rentré des cours, et comme chaque jour, j'ai commencé par jeter un œil dans les terrariums et grande surprise... ! Les 3 femelles Acromantis formosana étaient en train de pondre... et ce en même temps ! Dans des terrariums différents, à des place différentes dans la chambre d'élevage ! Plus étonnant encore, elles ont terminé leur ponte en même temps (à la minutes près) et les oothèques faisaient toutes la même taille. Inutile de dire que les cris de joie se sont succédé. J'ai même pu filmer l'une des femelles durant la ponte.

 

J'ai directement fait le lien avec ce que je croyais être une légende urbaine : la synchronisation progressives des menstruations chez les femmes lorsqu'elles vivent en groupe. Et c'est un creusant un peu que j'ai remarqué que la thématique était controversée et les avis des études relativement divergents. Une chose est sûre, ce qui s'est passée avec ces Acromantis f. est assez intriguant mais pourrait facilement être expliqué par un échange de phéromones qui aurait induit une synchronisation du cycle de ponte. La première femelle qui a pondue a attendu longtemps avant de poser cette deuxième oothèque et celle qui avait pondu sa première oothèque très tard a eu très peu de temps avant sa deuxième ponte. Quelque chose a forcément dû se produire entre ces 3 femelles.

 

Taxonomie :

 

Embranchement : Arthropoda

Classe : Insecta

Ordre : Mantodea

Famille : Hymenopodidae

Genre : Acromantis

Espèce : formosana

 

Dimorphisme sexuel :

 

Le dimorphisme sexuel de cette espèce n'a rien de spécifique en comparaison aux autres Hymenopodidae en général. Les positions d'intimidation sont très rares chez les deux sexes. Les mâles peuvent parfaitement voler au contraire des femelles qui se contentent de sauter de temps en temps en planant un peu sans prendre de hauteur. Les dorures sur les ailes des mâles sont très prononcées mais les faces internes des ravisseuses sont vertes et ne présentent pas de motifs.

 

  • Segments abdominaux femelle : 6 sternites visibles

  • Segments abdominaux mâle : 7 sternites visibles

 

  • Taille femelle : 3.5 à 4 [cm]

  • Taille mâle : 2.5 à 3 [cm]

 

  • Durée de vie mâle : 6 à 8 mois

  • Durée de vie femelle : 8 à 10 mois

 

  • Maturité sexuelle : entre 5 et 10 jours après la mue imaginale.

  • Taille des oothèques (largeur x hauteur x longueur) : 0.4 x 0.4 x 2-3 [cm]

  • Les oothèques sont dorés quand la ponte est récente, et laisse entrevoir les œufs de couleur vert. Elles sont de forme plus ou moins rectangulaires et brunissent avec le temps.

  • Incubation d'environ 40 jours.

  • En moyenne 35 larves par oothèque.

 

Qu'en est-il des conditions de maintien :

 

  • Hygrométrie : pulvériser de l'eau sur les mantes et dans le terrarium une fois par jour.

  • Température : chauffer avec une lampe halogène 40 [w]. La nuit, pas en dessous de 20°C.

  • Taille du terrarium : un terrarium de 40x40x50 [cm] minimum pour 8 spécimens en élevage groupé.

  • Luminosité : LED + Halogène 40w + lumière naturelle.

  • Dans le terrarium : branchages, lianes, écorces (important), soyez créatifs.

  • Nourriture : Drosophila hydei/melanogaster jusqu'aux stades adultes. Mouches à l'âge adulte.

 

Éviter à tout prix les grillons qui seront très mal digérés. Nous l'avons remarqué chez les femelles en fin de vie issues de notre première génération qui ont fait de violentes indigestion après un nourrissage aux grillons.

 

Sources :

 

Observations Jeunescientifiques (3 générations d'Acromantis formosana).

Catalogue of life : http://www.catalogueoflife.org/

 

 

2015 © Dimitri Känel

 
 
 
 
 
 
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Actualisé le : 02.12.2018